La tribu de Banū Qaynuqā‘ (quartier de Qurbān actuellement) est située à 3 kilomètres de la mosquée du Prophète ﷺ. On l’appelait le village de Qurbān en raison de la densité de ses arbres. Nous y remarquons la présence de nombreux tours de guet appelées "ā’ṭām”. Le singulier de ce terme est le mot “uṭum", qui est une petite forteresse qui sert de refuge à la famille au moment de la guerre. Lorsqu’une guerre éclate, chaque tribu faisait entrer ses membres dans ces tours et se défendait dans la ville. Cependant, leur rôle a pris fin après l'arrivée du Prophète ﷺ à Médine et la construction de nombreuses mosquées. La tribu de Banū Qaynuqā‘ était spécialisée dans la bijouterie et possédait un marché appelé le marché des bijoutiers. Leurs maisons se trouvaient dans la région de al-’āliya au nord-ouest de la région Madchūniyya aux alentours de la mosquée du Prophète ﷺ, s'étendant de Qubā’ à l'ouest à al-’Awāli vers l'est où se trouve la terre de Chu‘ayb, appelée aussi le Bustān al-Chifā : le jardin de la guérison. On y trouve également le marché des Banū Qaynuqā‘, ainsi que des fermes et des vergers côte-à-côte tels que al-Machrifiyya, al-ḥakimiyah et al-Madchuniyya. Le professeur Hamad Al-Jāsir les a mentionnés dans ses commentaires sur le livre “al-maġānim al-muṭāba bismi qaryati Qurbān” (le butin béni au nom du village de Qurbān). Cependant, l'urbanisation a malgré tout envahi leurs fermes et il n’en reste plus grand-chose. Les bâtiments dans la région sont relativement énormes. De plus, la rue principale s'est transformée en un marché animé vendant des appareils électroniques ainsi qu'en quelques restaurants variés.
Le marché des Banū Qaynuqā‘: Il est appelé ainsi en référence à la tribu juive du même nom qui habitait aux alentours et qui possédait de nombreux magasins là-bas. Il est aussi appelé “le marché du pont” en raison de la présence d'un pont sur la vallée de Butḥān à côté de lui. C’est un ancien marché célèbre. Comme les autres marchés saisonniers, c’était initialement un espace ouvert qui accueillait les commerçants et les consommateurs à des heures fixes. Les gens s'y vantaient et y récitaient de la poésie. C’était dans ce marché que les poètes ḥassān ibn Thābit, Al-Nabiġa Al-Dhubyāni et Qays ibn Al-Khaṭīm se sont rencontrés. Ensuite, les juifs ont construit leurs magasins là-bas et c’est devenu le marché le plus important de la ville de Médine à l'époque pré-islamique. Il était très fréquenté et bien animé ; on y entendait de loin le bruit généré par les transactions commerciales. Ce marché était célèbre pour la fabrication de bijoux, de décorations, d'armes, d'outils ménagers et de leur commerce. Il existait toujours jusqu'à la deuxième année de l'Hégire, lorsque le Prophète ﷺ, a instauré le marché Al-Manākha pour proposer aux musulmans un mode de commerce basé sur la révélation.
Il est important de signaler que dans la ville du Prophète ﷺ, les juifs se référaient à leur propre loi, celle de la Torah. Le Prophète ﷺ leur a accordé une indépendance religieuse, ils avaient leur propre religion. Ils ont convenu que le Prophète ﷺ serait leur référent en cas de litige. En effet, si les tribus juives avaient accepté de se référer à la politique musulmane, ils seraient restés dans la ville du Prophète ﷺ jusqu'à nos jours en raison de la miséricorde qu'elle contient. Mais ils ont refusé la diversité et ont préféré lutter contre les croyants pour imposer leurs lois (l’usure dans le commerce) et leur politique. De plus, le Prophète ﷺ n'a pas expulsé tous les juifs de la ville, mais seulement les tribus ayant violé l'accord conclu avec lui conformément à la charte de Médine. Donc, il ne s’agit pas d’une question de religion ou d'ethnie, mais plutôt d’une question de respect des accords. D’ailleurs, tout le monde sait que le Prophète ﷺ est décédé alors que son bouclier était hypothéqué chez un homme juif de la tribu des Banū ‘Abdalachhal. De plus, son voisin était juif, et avant sa mort, il est passé chez certains juifs et leur a dit que s'il vivait jusqu'au jour de ‘Achourā’, il jeûnerait un jour avant et un jour après. Cela nous montre qu'il y avait des juifs qui sont restés dans la ville et que ceux qui avaient été expulsés sont seulement ceux qui avaient violé l'accord et trahi le Prophète ﷺ.


